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 La grossesse tardive:La grossesse après 35 ans

27/12/2010

La grossesse après 35 ans

Les femmes approchant de la quarantaine qui se lancent dans une grossesse, que ce soit pour un premier bébé ou pour agrandir la famille, culpabilisent souvent face aux réactions et au jugement de l'entourage. Pourtant, les grossesses tardives sont de plus en plus nombreuses, et lorsqu'elles sont bien encadrées, elles se passent tout à fait bien.

Des grossesses tardives en augmentation

La vie des femmes d'aujourd'hui n'est plus la même qu'il y a 20 ans, avec la volonté de s'épanouir professionnellement, les études s'allongent, et une fois dans la vie active, il faut encore se construire une carrière résultat, on commence à faire des enfants plus tard ! 

La hausse constante du prix de l'immobilier est aussi un facteur qui retarde le moment de faire un enfant, car bon nombre de couples préfèrent être propriétaires, et les prix exorbitants demandent d'avoir des rentrées d'argent régulières et assez importantes. 

Il ne faut pas non plus oublier la très forte augmentation du nombre de foyers recomposés, dans lesquels les parents désirent avoir des enfants ensemble. En somme, avoir un bébé après 35 ans est devenu tout à fait courant. Et puis avoir des enfants plus tard a aussi des avantages : on se sent plus mature, et on a de meilleurs moyens financiers donc on arrive plus facilement à s'en sortir.

Quels sont les risques d'une grossesse tardive?
Le risque le plus redouté est d'abord celui de concevoir un enfant trisomique, car ce risque est beaucoup plus élevé passé 35 ans. 

Cependant, le dépistage par amniocentèse qui est d'ailleurs proposé systématiquement à partir de 38 ans, permet de détecter la maladie à partir du troisième mois. 

Ensuite, les problèmes de santé rencontrés pendant la grossesse (hypertension, diabète gestationnel...) sont plus fréquents avec l'âge, et la fatigue se fait plus sentir. Les risques de fausse couche et de prématurité sont aussi plus élevés. 

Les grossesses après 35 ans doivent donc être surveillées de près, car c'est grâce à un suivi régulier que la future maman ne connaitra aucun problème majeur pendant sa grossesse. 


Enfin, le moment de l'accouchement peut être délicat
 


les futures mamans de 35 ans connaissent plus de césariennes que la normale, car d'une part les présentations en siège et les hémorragies sont plus fréquentes, et d'autre part, comme beaucoup d'entre elles ont recours à une stimulation de l'ovulation, les grossesses multiples (qui entrainent plus souvent une césarienne) sont aussi plus courantes.

Baisse de la fertilité
Plus que les complications, le problème dominant pour les couples désirant avoir un enfant plus tard, est la baisse de la fertilité à partir de 35 ans. Les médecins recommandent aux couples dont la femme a dépassé cet âge, de consulter après six mois d'essai. 

Plusieurs solutions s'offrent à eux 
Tout d'abord, le médecin peut proposer un traitement hormonal qui va améliorer l'ovulation, c'est à dire que plusieurs ovules vont être produits au cours d'un même cycle. C'est d'ailleurs cette stimulation ovarienne qui entraine les grossesses multiples. 
L'insémination artificielle, qui consiste à disposer le sperme de l'homme directement dans l'utérus de la femme, peut aussi être une solution. La fécondation in-vitro, elle, met en contact en dehors de l'organisme féminin, un ovule et un spermatozoïde préalablement sélectionnés. L'embryon ainsi obtenu est ensuite replacé dans l'utérus. 
Enfin, la femme peut aussi concevoir un enfant grâce au don d'ovocyte : celui-ci, qui provient d'une donneuse, est fécondé par le sperme du conjoint en dehors de l'organisme, avant d'être placé dans l'utérus de la femme.Pour celles qui veulent mettre toutes leurs chances de leur côté dès le départ, les médecins conseillent d'arrêter de fumer, de limiter au maximum sa consommation d'alcool et de se reposer.

Halte aux idées reçues

grossesse risquesSouvent, les femmes qui désirent mener une grossesse après 40 ans sont culpabilisées et inquiétées. "On leur dit qu’elles risquent de provoquer des malformations, et c’est faux" ! souligne le Pr. Michel Tournaire, chef de service a l’hôpital Saint-Vincent de Paul et auteur du livre "Le bonheur d’être mère, La grossesse après 35 ans" (éditions Odile Jacob). Certes, le risque de trisomie 21 est beaucoup plus important, mais aujourd’hui le dépistage est proposé systématiquement après 38 ans : le risque d’avoir un bébé atteint peut être évité, si la femme est prête à accepter une interruption médicale de grossesse bien sûr.  En ce qui concerne les autres malformations, les risques ne sont pas plus importants. Ces grossesses ne sont pas plus risquées si elles sont bien surveillées. Ainsi, les problèmes que l’on peut rencontrer plus souvent avec l’âge, tel que l’hypertension, le diabète gestationnel ou les fibromes peuvent être dépistés et surveillés. Dans les risques pour l’enfant de ces grossesses tardives, la prématurité est un peu plus courante avec l’âge (surtout avec la fécondation in vitro), mais loin derrière le risque engendré par une grossesse gémellaire par exemple. Si danger il y a, c’est surtout pour la mère : le risque de mortalité maternelle est beaucoup plus élevé avec l’âge (même si les chiffres restent relativement bas). Et il faut souligner la fatigue plus importante occasionnée par la grossesse avec l’âge.

Le véritable risque

Mais le véritable risque de vouloir mener une grossesse tardive, c’est en réalité de ne jamais tomber enceinte ! Car la fertilité baisse très vite dès 35 ans. C’est ce que souligne le Dr Joëlle Belaïsch-Allart, responsable du service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital Jean Rostand de Sèvres : "Les femmes ne doivent pas prendre au premier degré le slogan du planning Familial "Un enfant quand je veux". Celui-ci concerne la contraception, et il est loin de s’appliquer après 40 ans". Car il y a un âge pour tous ! Les chances de concevoir un enfant lors d’un cycle sont ainsi de une sur quatre à 20 ans, de une sur 8 à 35 ans et de une sur 12 seulement après 40 ans ! En gros, vous avez une chance par an de faire un bébé après 40 ans, et à partir de 45 ans, ces chances sont quasi-nulles. Comme le souligne le Dr Belaïsch-Allart, "ce n’est pas parce qu’on a toujours ses règles que l’on est aussi fertile. Et les techniques de fécondation in vitro ne sont pas une baguette magique".

Après 35 ans : checker sa fertilité !

D’ailleurs, le Dr Belaïsch-Allart rappelle que l’échec n’est jamais nul en matière de conception ! Si l’on regarde les femmes qui ont désiré un enfant à 30 ans, 7 % ne réussiront jamais à mener à bien leur projet au cours de leur vie (même en ayant recours à la Fécondation in vitro). A 38 ans, elles sont 13 % qui n’auront malgré tout pas d’enfant. A 40 ans, plus de 35 % de ces femmes qui désirent un enfant n’en auront pas, même avec l’aide de la science.

Le conseil des spécialistes est clair : après 35 ans, il n’y a plus de temps à perdre : les femmes qui veulent un enfant doivent consulter leur gynécologue. Non pas pour se faire prescrire tout de suite un traitement pour améliorer la fertilité, mais pour un check-up et être sûr que toutes les chances sont de leur côté. Car si elles se disent qu’elles vont laisser faire la nature, et qu’à 38, 39 ou 40 ans elles commencent à s’inquiéter, leurs chances ont déjà drastiquement baissé ! Pour le Dr Bellaisch, "il faut que les femmes arrêtent d’attendre l’homme idéal, la maison idéale, le travail idéal avant de faire un enfant, car après il est trop tard" !

Faut-il faire un don d’ovocyte ?

Avec l’âge, la fertilité est ainsi menacée. Mais il existe une technique pour pallier au vieillissement des ovaires : le don d’ovocytes d’une  autre femme. Si cette technique est autorisée en France, elle reste encore peu pratiquée et surtout elle est rarement proposée chez les femmes de plus de 40 ans. D’ailleurs, son utilisation pourrait être bientôt interdite après 42 ans. Néanmoins, cette pratique semble se répandre chez les femmes de plus de 40 ans qui ont du mal à avoir un enfant. Celles-ci n’hésitent pas à partir à l’étranger, où les équipes médicales sont plus conciliantes avec l’âge. Et de nombreux gynécologues français voient arriver des nouvelles mamans de plus de 40 ans qui curieusement reviennent d’un voyage en Belgique ou en Espagne… Mais bien sur, la meilleure méthode reste de ne pas attendre, pour éviter d’avoir recours à ces artifices.

Les trucs indispensables pour une grossesse après 35 ans

Dans son livre, Michel Tournaire donne plusieurs conseils pour les femmes de plus de 35 ans qui souhaitent tomber enceinte. Car la grossesse est comme une discipline sportive, auquel il faut se préparer :

  • Arrêter de fumer ;
  • Limiter sa consommation d’alcool (et l’arrêter pendant la grossesse) ;
  • Limiter la prise de médicaments, en gérant avec son médecin pour les maladies chroniques ;
  • Perdre du poids si nécessaire ;
  • Pratiquer une activité physique ;
  • Apprendre à se ménager.

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